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TRANS/ENDING#1 - LE TRANSHUMANISME, UNE NOUVELLE RELIGION ?

Depuis la nuit des temps, l’humanité a toujours été en quête de Dieu. Elle l’a cherché inlassablement dans la nature, dans le ciel, dans les temples, dans les livres... Mais aujourd’hui, cette recherche pourrait s’achever car une révolution est en marche : la religion transhumaniste. Après Shiva, Zeus, Yahvé, Bouddha, Jésus et Allah, le nouveau Dieu que nous proposent ces fanatiques de la technologie n’est autre que l’Homme lui-même : grâce au progrès de l’intelligence artificielle et des nanotechnologies, les transhumanistes nous promettent la vie éternelle dans des machines et des pouvoirs quasi divins d’ici une vingtaine d’années... À en croire les techno-prophètes de la Silicon Valley, le temps de l’Homme-Dieu est arrivé.

Avec l’intelligence artificielle, nous invoquons le Démon.

Elon Musk, PDG de Neuralink

TRANS/ENDING#2 - LES MACHINES ONT-ELLES UNE CONSCIENCE ?

Avec l’accélération exponentielle des progrès dans le domaine de l’intelligence artificielle émergent de nombreuses questions d’ordre économique, politique, scientifique, éthique, mais aussi philosophique et existentiel : les machines ressentent-elles des émotions ? Ont-elles une conscience ? Pour la plupart des religions, la conscience est le fruit d’une âme dont seuls les êtres humains sont dotés. À cette croyance, Alan Turing, père de l’intelligence artificielle, a répondu en 1950 qu’il ne voyait « aucune raison pour laquelle Dieu ne pourrait donner à un ordinateur une âme, s’il le souhaitait ». Aujourd’hui sur ses traces, des chercheurs comme le neuroscientifique américain Christof Koch estiment que « la conscience est une propriété émergente de la matière, comme la masse et l’énergie » et soutiennent ainsi l’idée selon laquelle le Human Brain Project, qui vise à simuler le fonctionnement entier du cerveau, permettra à terme de faire émerger une conscience artificielle : perspective scientifique réaliste ou improbable croyance matérialiste ?

Un robot n’a pas d’émotion, il est programmé pour le faire croire à son possesseur.

Serge Tisseron, psychiatre

TRANS/ENDING#3 - DEMAIN,

L'INTELLIGENCE ARTIFICIELLE

AU POUVOIR ?

À l’heure de la globalisation, les frontières ne disparaissent pas qu’entre les pays. Longtemps confinée aux domaines de la science, de l’industrie et du divertissement, la technologie envahit désormais des territoires considérés jusque-là comme essentiellement humains : les relations intimes, la psychologie, l’art, l’éducation et même… la politique. La conquête se fait sur plusieurs fronts simultanément : la sécurité, l’économie, le droit, l’environnement, la santé, mais aussi sur le plan électoral lui-même, et tout cela à grand renfort de big data. Cette mutation, qui soulève pourtant de nombreuses questions éthiques, ne semble pas inquiéter les citoyens et les citoyennes de nos chères démocraties, probablement usées par des décennies de scandales et de crises à répétition. En effet, dans un sondage réalisé le 21 mars 2019 par l’Université IE de Madrid, on apprend que « 25% des Européens seraient prêts à laisser des algorithmes gouverner plutôt que des hommes politiques pour prendre les bonnes décisions (...) Un chiffre qui monte à 30% en Allemagne, Italie, Irlande, Royaume-Uni et même à 43% aux Pays-Bas »… Saint George (Orwell), priez pour nous.

Nous sommes engagés dans une course à mort entre la politique et la technologie.

Peter Thiel, PDG de Palantir

TRANS/ENDING#4 - ROBOTS : PEUT-ON PROGRAMMER L'AMOUR ?

« C’est une machine », dit-on d’un être humain totalement dénué d’émotions. Paradoxalement, aujourd’hui, des milliards sont investis dans la recherche et le développement de robots que l’on veut rendre capables de reconnaître et d’exprimer des émotions. Exprimer ? Non, plutôt simuler… et tout l’enjeu est là, pour les fabricants de love dolls, ces poupées pour adultes : faire croire à leurs propriétaires que l’amour d’une machine et l’amour d’un être vivant, c’est la même chose. Résurgence d’un fantasme d’esclavage, incapacité à faire face à la complexité des relations humaines, ou simple désir de réaliser des profits sur la misère affective de millions de gens, qu’est-ce qui explique cette volonté de prêter des sentiments aux machines ? Quelques éléments réponses dans le quatrième épisode de TRANS/ENDING. Le futur, c’est maintenant.

L’homme est un animal social qui projette ses manques... Il faut prévenir les personnes fragiles de ces manipulations.

Laurence Devillers, chercheuse

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